Simone Veil et Antoine, entre livres et souvenirs

Le 26 avril 2019, Jean Veil, fils de Simone Veil et d’Antoine Veil, a annoncé à Cambremer  (Calvados) que les livres de ses parents allaient être légués à la bibliothèque de la commune, où ils avaient une maison.

« Je n’ai pas eu les larmes aux yeux au Panthéon, au moment où me parents y rentraient. Mais j’ai du mal à les retenir aujourd’hui », confiait Jean Veil, fils de Simone.

La bibliothèque de la famille de Simone Veil léguée à Cambremer

Photo de Jean Veil, regardant vers le haut sur la plaque, s’est remémoré se souvenirs «  de bonheur parfait » à Cambremer, dans leur maison de vacances.

C’est avec émotion et pudeur que Jean Veil, fils de Simone et d’Antoine Veil est revenu à Cambremer (Calvados) le 26 avril 2019, où ses parents venaient régulièrement en week-end et en vacances depuis 1965.

Les souvenirs familiaux, «  les moments les plus merveilleux de ma vie », se sont réveillés en arrivant dans la petite commune du pays d’Auge. «  Il fait beau, ça ma rappelle ma jeunesse, des images de bonheur au temps où mon frère, Nicolas, vivait encore. Dans les dernières années, mon père continuait à venir beaucoup, ma mère moins, car elle était fatiguée. Maman aimait s’occuper de son jardin, j’ai encore des photos d’elle taillant ses rosiers. Elle a aussi écrit son autobiographie, Une vie, pendant l’été 2005 ou 2006. »

Plus de 5000 livres.

Alors qu’une plaque au nom de Simone et Antoine Veil a été dévoilée sur le frontispice de la bibliothèque intercommunale. Jean Veil a annoncé que les livres que possédaient ses parents avaient été légués à l’établissement culturel. «  Lorsque mes parents sont décédés et que nous avons eu à régler les questions de successions, nous nous sommes demandé ce que nous allions faire avec les livres. Nos parents lisaient beaucoup, c’était très important pour eux. Je me demandais toujours comment maman arrivait à avoir tout lu avant nous, malgré son emploi du temps. Elle préférait les romans et les essais, mon père, les livres d’histoire ».

Ce don est apparu comme une évidence. «  Les livres n’étaient pas étrangers au choix de venir vivre à Cambremer. Quand mes parents ont trouvé la maison, ils nous ont expliqué qu’ils avaient trouvé un endroit formidable, là où vivait Madame de Cambremer, personnalité essentiel de Marcel Proust dans à la recherche du temps perdu. »

Pour l’heure, seuls quelques-uns de ces précieux tomes sont visibles dans la petite bibliothèque, le reste des livres sont conservés dans un endroit sûr, où ils ne risquent pas d’être abimés. Un projet de tiers lieu à Cambremer est à l’étude d’où la bibliothèque bénéficierait de plus de place, pour créer une exposition à la hauteur du fonds Veil. Car c’est un peu de leur âme qui restera nichée dans ces livres, au cœur du Pays d’Auge.

Merveilleux souvenirs en famille

Photo de Jean Veil écoutant des enfants chanter en son honneur.

Tout le monde présent dans la cour de l’école a salué avec respect le parcours de Simone Veil, et notamment son combat pour le droit des femmes. «  Grâce à Simone Veil, j’ai pu m’émanciper de deux tutelles : celles de mon père, et celle de mon mari » a rappelé une bénévole de l’association Plaisir de lire. Son désir d’humaniser le monde en œuvrant pour la mémoire de la Shoah, la réconciliation de la France et de l’Allemagne, puis la construction de l’Europe  et son engagement pour la paix ont été applaudis.

Mes parents lisaient beaucoup. Je vous invite, les enfants, à lire la plus possible, leur a conseillé Jean Veil.

Madame le maire évoque «  On les croisait souvent au marché ou à une terrasse de café. Les passants les saluaient naturellement, timidement, sans vouloir les importuner »

« J’aime Cambremer, j’aime ses habitants, je vous aime tous » a conclu Jean Veil, avant d’être entouré par tous les enfants de l’école qui venaient de vivre, sans s’en rendre compte un moment historique.

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